Semaine de la santé mentale-Reconnaître la souffrance sans médicaliser la détresse

Dans le cadre de la Semaine de la santé mentale, qui aura lieu du 6 au 12 mai, le Projet collectif en inclusion à Montréal (PCEIM) souhaite mettre en lumière le fait que l’approche actuelle en santé mentale au Québec, centrée sur la pathologie individuelle, contribue grandement à exacerber la crise de la santé mentale. L’organisme plaide pour une reconsidération de cette approche dans le but de favoriser une perspective relationnelle et interactionnelle plutôt que la médicalisation de la détresse.

« Il faudrait comprendre les troubles mentaux, ainsi que la santé mentale elle-même, comme des problèmes situés au niveau des interactions, des relations et des dynamiques collectives, plutôt que comme des enjeux strictement individuels », souligne d’entrée de jeu David Castrillon, directeur général du PCEIM.

En effet, le PCEIM souhaite promouvoir des espaces où les individus peuvent vivre des interactions enrichissantes et établir des relations répondant à leurs besoins d’identité, de participation et de compréhension. Ces environnements sont capables d’accueillir la détresse humaine sans utiliser des pratiques ou un langage qui, souvent, isolent la personne de son environnement. Ils sont conçus précisément pour permettre aux membres de participer à des interactions encourageant l’échange, l’apprentissage et la création collective, ce qui favorise ainsi la reprise de leur place au sein de la communauté.

« Nous observons que la médicalisation des réactions humaines face aux stress sociaux, économiques et relationnels a conduit à une surconsommation de traitements pharmacologiques, lesquels masquent les réelles causes de la détresse. Cette tendance aggrave la crise de la santé mentale en ne traitant pas les véritables facteurs contributifs », ajoute-t-il.

Il est essentiel de reconnaître et de valider la souffrance vécue, mais il est tout aussi crucial d’en comprendre la cause. Le PCEIM constate que de parler davantage des milieux anxiogènes dans lesquels évoluent les gens dans notre société et de travailler en ce sens permet de faire décroître les besoins en santé mentale.

Un appel à l’action pour les politiques publiques

Les décideurs et les professionnels de la santé mentale sont appelés à adopter et à promouvoir une vision de la santé mentale collective qui privilégie la compréhension du type d’interactions et de relations promues dans le système socioéconomique actuel.

« Nous croyons qu’en développant des politiques et des interventions qui abordent les aspects relationnels et contextuels, nous pouvons commencer à résoudre la crise de la santé mentale de manière plus efficace et humaine. Cela implique aussi d’utiliser un autre langage pour parler de la santé mentale », poursuit M. Castrillon.

Parmi les projets que met de l’avant le PCEIM, notons le Libre Espace, le Café des voisins, l’Épicerie solidaire de Rosemont, La Pélicantine, la Clinique d’impôts de Rosemont ainsi que des espaces de mobilisation, de création et de discussion.