LE RACOR RENCONTRE L'AGENCE DE MONTRÉAL À PROPOS DU PASM

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Le 19 février 2013, le RACOR a répondu à l'invitation de l'Agence de Montréal qui a engagé un consultant pour étudier la situation montréalaise en ce qui a trait au Plan d'Action en Santé Mentale 2005-2010. L'Agence a choisi de relancer le dossier de la santé mentale à Montréal en engageant Roger Paquet. Vétéran haut fonctionnaire du ministère de la Santé et des Services sociaux, ce dernier a en particulier occupé les postes suivants :

  • sous-ministre associé à la Direction générale de la coordination, du financement et de l'équipement,
  • sous-ministre associé à la Direction générale de la coordination ministérielle et des relations avec le réseau, et
  • sous-ministre associé du financement, des investissements et du suivi budgétaire.

Son mandat est de formuler, dans les prochaines semaines, des recommandations pour améliorer l’accès et de la continuité des services en santé mentale, dans le respect de la hiérarchisation des services et des bonnes pratiques cliniques, principalement pour les adultes avec troubles graves de santé mentale. Au cours de son mandat, Roger Paquet consulte les directions générales d'établissements. Il a inscrit le RACOR dans son agenda afin de prendre le pouls du milieu communautaire montréalais en santé mentale.

Le RACOR a lancé un appel à tous ses organismes puis des membres du conseil d'administration se sont réunis pour formuler des éléments de réponses. Deux personnes du RACOR ont ensuite présenté une vision de la situation montréalaise selon les informations qui avaient été recueillies chez les membres, vision qui a semblé rejoindre à plusieurs reprises celle de monsieur Paquet.

CHEZ SOI : SORTIR POUR ALLER OÙ ?

Montréal enneigée

22 février 2013 – Le RACOR a déjà fait connaitre ses inquiétudes à propos de l'évolution du projet de recherche Chez Soi dans une de ses Actualités sous le titre « Chez soi : nous sommes inquiets ». Le journal Le Devoir publie aujourd'hui un article sur la fin du financement fédéral de Chez Soi intitulé « Québec abandonne l'approche logement d'abord » (réaction du RAPSIM à cet article)

Si nous reprenons la chronologie des événements, nous nous rappellerons que la création du projet Chez Soi est une initiative de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), organisme créé par des fonds fédéraux qui a mis sur pied cette imposante recherche en espérant démontrer que les approches mises de l'avant à grande échelle dans divers milieux canadiens donnent des résultats assez intéressants pour que les ministères de la Santé et des Services sociaux (MSSS) provinciaux soient influencés positivement et prennent le relais. Cela semble avoir été le cas dans quatre des cinq provinces où un site de Chez Soi a existé.

Au Québec, le projet a été lancé sous l'impulsion de chercheurs québécois sans engagement provincial préalable. On peut dire qu'il leur aura fallu une certaine témérité quand on sait que le MSSS avait déjà bien du mal depuis plusieurs années à concrétiser son propre Plan d'Action en Santé mentale (PASM) et à le financer. Dans ses tractations avec les autorités provinciales en santé, la Commission canadienne ne semble pas avoir prévu qu'une province ne prenne pas le relais. Résultat au Québec : sans prolongation de financement, les 280 personnes devront rapidement trouver un logement dans les limites de leur revenu de la Solidarité sociale (pour la plupart) puisqu'ils perdront leur supplément au loyer en décembre 2013. Ils devront espérer qu'un minimum de financement fédéral ou provincial permette une transition vers les réseaux de la santé et du communautaire qui devront assumer un minimum de suivi avec leurs ressources actuelles.

UN AVIS SUR LE RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA SANTÉ : Des constats intéressants... Des recommandations décevantes !

Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec

Le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) publie un avis sur le Rapport d’appréciation de la performance du système de santé et de services sociaux 2012 « Pour plus de résultats et d’équité en santé mentale au Québec » qu'a déposé le Commissaire à la santé et au bien-être en décembre dernier. Après une lecture des différents documents du Commissaire, le RRASMQ constate que le Commissaire aurait pu aller plus loin dans certaines de ses recommandations au Gouvernement du Québec d'où le titre éloquent Des constats intéressants... Des recommandations décevantes !

L'avis du RRASMQ met en lumière des passages du rapport du Commissaire et formule des idées intéressantes qui vont rejoindre un grand nombre d'organismes communautaires oeuvrant en santé mentale. Cette lecture pourrait inspirer des personnes et des organismes qui se pencheront sur la démarche du COSME pour rédiger une série de recommandations afin de faire des propositions aux rédacteurs du prochain Plan d'action ou d'une nouvelle politique en santé mentale.

UN PLAN MONTRÉALAIS « L’intervention policière auprès de personnes mentalement perturbées ou en crise. »

Service de police de la ville de Montréal (SPVM)

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'est doté d'un Plan d'action stratégique en matière de santé mentale pour 2013-2015 intitulé L’intervention policière auprès de personnes mentalement perturbées ou en crise.

Selon les données disponibles, les policiers du SPVM répondraient annuellement à plus de 33000 appels de service en lien avec des personnes en crise ou dont l’état mental est perturbé : cela correspond à 3,2 % des appels reçus au 911, c’est-à-dire au moins 90 appels par jour. Cette estimation ne serait que la pointe de l’iceberg. Ces chiffres sont issus du relevé des « codes reliés à la santé mentale » des répartiteurs et ne tiennent pas compte de ce qui se passe lors de l'intervention pour les autres appels.

CHEZ SOI : NOUS SOMMES INQUIETS

Retour à la rue?

Le retour à la rue pour une bonne part des 280 personnes actuellement logées dans le cadre du projet de recherche Chez Soi (pour en savoir plus)? L'inquiétude grandit à l'approche de l'échéance budgétaire du 31 mars 2013.

Rappelons que le projet de recherche voulait faire la démonstration d'une approche basée sur le fait d'offrir à des personnes itinérantes vivant des troubles importants de santé mentale la possibilité de louer un appartement de leur choix, dans le quartier qu'ils souhaitaient, en leur donnant un important appui financier pour le loyer et en leur offrant un suivi social et médical pendant quelques années se terminant en mars 2013. Cette échéance sans filet a été une des critiques majeures (et justifiée!) des détracteurs du projet. Une des raisons qui a motivé le RACOR à maintenir sa participation au comité-conseil de Chez Soi était de suivre le cours des événements pour nous assurer que ces personnes itinérantes ne soient pas abandonnées pour des raisons administratives.

MYTHE : LES PERSONNES ATTEINTES DE MALADIE MENTALE NE SE RÉTABLISSENT JAMAIS COMPLÈTEMENT

Gens qui se parlent

La maladie mentale est souvent considérée comme une maladie comme les autres. Malheureusement, cela crée une certaine confusion entre la guérison et le rétablissement des personnes atteintes de maladie mentale. Par rétablissement, on entend généralement l’élimination ou la réduction des symptômes, ce qui se produit en effet chez de nombreuses personnes. La recherche révèle que 25 à 65 p. 100 des personnes souffrant d’une forme grave de maladie mentale atteignent un rétablissement « clinique » complet. Cependant, l’hypothèse selon laquelle le rétablissement est synonyme de guérison ne tient pas compte du nombre croissant de données de recherche montrant qu’une personne peut retrouver une vie intéressante et satisfaisante sans pour autant être guérie des symptômes de la maladie. Pour en savoir plus et connaitre les références scientifiques, consultez Mythe : les personnes atteintes de maladie mentale ne se rétablissent jamais complètement. 

À bas les mythes est une série d’articles de deux pages qui résume les données les plus probantes pour contester des croyances largement répandues concernant les enjeux des services de santé au Canada. Vous trouverez tous les détails et d'autres articles sur le site de Fondation Canadienne de la recherche sur les services de santé.

ÉVALUATION DE L'IMPLANTATION DU PLAN D'ACTION EN SANTÉ MENTALE 2005-2010 « La force des liens »

Chaîne

Cet article a été modifié le 4 février 2013, car le ministère vient de publier officiellement le rapport « Évaluation de l’implantation du Plan d’action en santé mentale 2005-2010 La force des liens » daté d'août 2012 préparé par la Direction de l’évaluation et la Direction de la santé mentale du Ministère de la Santé et des Services sociaux. À première vue, sauf pour la mise en page, le contenu du document ne semble pas différer de ce que nous avions déjà publié.

Dans le communiqué de presse, après quelques éléments positifs on peut lire ceci « Parallèllement, le rapport souligne que des améliorations notables nécessitent d’être mises en place. On évoque notamment l'existence de disparités dans l'implantation du plan d'action, non seulement entre les régions mais également à l'intérieur de ces dernières. Il en est ainsi entre autres pour les équipes de suivi intensif et d'intensité variable auprès des personnes présentant des problèmes graves. Le rapport relève également que des progrès doivent être réalisés dans la coordination des services entre les médecins de famille, les intervenants en santé mentale et les services spécialisés. Enfin, l'insertion socioprofessionnelle des personnes présentant des problèmes de santé mentale doit être améliorée. »

Le ministre Réjean Hébert y va aussi d'une déclaration « Pour notre gouvernement, la santé mentale est un axe prioritaire d’intervention. C’est un domaine de la santé qui est trop souvent négligé, alors que les implications sont pourtant majeures pour les personnes souffrant d’un trouble mental, leur entourage familial, amical ou professionnel ainsi que pour l’ensemble de la société québécoise. Ce rapport d’évaluation du plan d’action 2005-2010 nous permettra d’approfondir significativement la réflexion qui mènera à la mise en place du nouveau plan d’action en santé mentale »

«Tellement maganés, tellement malades…»

Sous la neige...

Si vous ne l'avez pas lu, cet article du journal Le Devoir exprime clairement ce qui est possible de constater dans les rues de Montréal et dans plusieurs des organismes communautaires montréalais.

 

Point chaud - «Tellement maganés, tellement malades…»
Le directeur du journal L’itinéraire dresse un portrait chavirant de la vie dans la rue à Montréal.

Pour lire l'article :

http://www.ledevoir.com/societe/medias/367108/tellement-maganes-tellement-malades

La fin de l'année 2012... le début de 2013

Daniel Latulippe, directeur général, dans l'esprit des fêtes de fin d'Année.

Voilà que se termine une année 2012 remplie de surprises avec ces mouvements sociaux qui ont remis en question de nombreux éléments de notre société. Voilà qu'on parle et qu'on enquête publiquement des dérives qui ont affecté les coûts financiers et sociaux dans le milieu scolaire, dans celui de la construction, dans les divers niveaux gouvernementaux... Entre se résigner à vivre avec la corruption, le gaspillage, les décisions douteuses, et vouloir changer fondamentalement le monde, de nombreuses personnes souhaitent (exigent) que de nombreux processus de notre vie collective changent. Si on ne peut pas refaire entièrement le monde, on peut au moins compliquer la vie à ceux et celles qui tenteraient encore de profiter frauduleusement du système économique actuel.

Pour les personnes vivant ou ayant vécu des problèmes ou des troubles de santé mentale, pour leurs proches, pour les organismes communautaires qui les soutiennent, pour le réseau public de santé et de services sociaux, 2013 commence avec beaucoup d'espoir! Avec le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être, avec les travaux qui vont entourer le nouveau Plan d'action en santé mentale qui pourrait muter et devenir une politique gouvernementale, avec les nombreuses actualités qui ramènent les thèmes de la santé mentale en avant-plan, nous pouvons penser que 2013 sera une année charnière, le début d'une nouvelle époque où nous interviendrons collectivement sur les déterminants sociaux afin d'aider les gens dans leur milieu de vie avec une vision globale et à long terme.

Et qui sait si la stigmatisation qui exclut tant de gens ne disparaîtra pas dans une grande vague d'acceptation sociale comme le Québec n'en a pas vu depuis longtemps?!!

Bonne et heureuse nouvelle année!

Découvrez notre carte de voeux.

CRÉDITS BUDGÉTAIRES 2013-2014 Absence d’espoir pour la santé mentale

Coupures

Il ne faut pas s’attendre à un rehaussement budgétaire pour la santé mentale en 2013-2014. À noter que deux jours avant le dépôt des crédits de son ministère, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, a déclaré son vif intérêt pour le rapport du  Commissaire à la santé et au bien-être, intitulé Pour plus d’équité et de résultats en santé mentale. Le rapport décrit les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale et met de l’avant une série de pistes d’action dont la nécessité d’une augmentation des montants consacrés à la santé mentale.

Selon le Commissaire, le MSSS devrait adopter une stratégie de prévention des troubles mentaux chez les moins de 25 ans et mettre beaucoup d’effort à consolider la première ligne en santé mentale. À l’égard des organismes communautaires, le Commissaire recommande de hausser leur financement à hauteur de 10 % des dépenses globales en santé mentale. Il préconise, entre autres, une meilleure accessibilité aux services de psychothérapie.

Depuis l’adoption du Plan d’action en santé mentale 2005-2010, le pourcentage des dépenses allouées à la santé mentale demeure stable à 8 % des programmes du MSSS. Et pourtant, les troubles mentaux ont une prévalence plus grande dans la population (20 %) que les cancers (13 % tous cancers réunis), le diabète ou les problèmes cardiovasculaires.

Pour l’ensemble du budget du MSSS, le ministre Hébert n’a annoncé qu’un seul rehaussement particulier soit un montant de 110 millions qui sera consacré aux soins à domicile pour les personnes âgées.

Le réseau en mode de compressions
Le budget de la Santé et des Services sociaux 2013-2014 s’élèvera à 31 milliards 260 millions soit une hausse de 3,4 % par rapport aux dépenses probables de 2012-2013.

Le réseau des établissements, avec un budget de plus de 21 milliards, se voit attribuer une hausse de 2,5 %, pour couvrir l’inflation et l’augmentation de la masse salariale. On peut douter que cette allocation budgétaire suffise à maintenir les services à leur niveau actuel.

Les médecins grands gagnants