PROJET CHEZ SOI : APRÈS LA DISSOLUTION, DES QUESTIONS!

 

8 avril 2013 — La fin du volet d'interventions auprès des personnes en situation d'itinérance vivant des problèmes de santé mentale du Projet Chez Soi continue de faire des vagues dans les médias... et dans les milieux concernés.

Nous avons donné les détails de la dissolution du Projet de recherche Chez Soi et de la façon dont l'Agence de la santé et des Services sociaux de Montréal a choisi d'orienter les personnes dans les services existants. À peu près au même moment, nous avons appris que le gouvernement fédéral décide d'orienter la Stratégie des partenariats dans la lutte contre l'itinérance (SPLI) vers l'approche « Logement d'Abord », en discontinuité avec les nombreuses autres façons d'intervenir auprès des personnes en situation d'itinérance. 

Le titre de l'article d'Amélie Daoust-Boisvert du journal Le Devoir donne le ton : « Itinérance : frictions entre Québec et Ottawa Québec refuse de se faire dicter ses priorités par le fédéral ».

RÉFORME DU DROIT ASSOCIATIF : SI LE GOUVERNEMENT OSE, QUE VA-T-IL RESTER DU COMMUNAUTAIRE?

Assemblée nationale

28 mars 2013 — Après 1996 et 2004, c'était en 2008-2009 que le ministère des Finances avait, la dernière fois, lancé un processus afin de « moderniser » toutes les législations entourant le droit d'association. Lors de cette dernière consultation, le milieu communautaire avait fortement réagi. Il semble que le Ministère s'apprête à relancer un nouveau projet de loi, semblable au précédent et soulevant plusieurs questions quant à notre avenir collectif.

Nous pouvons prendre connaissance des orientations du Ministère dans un document présenté le 31 janvier 2013 au Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) par un conseiller politique du ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau. Si nous pouvons comprendre la nécessité de clarifier et préciser ce qu'est un organisme à but non lucratif, nous demandons qu'on réfléchisse à la nouvelle classification qui serait proposée... et surtout à ses impacts sur les pratiques du milieu communautaire.

Il y aurait deux types d'organisations à but non lucratif (OBNL). Les organisations privées (OPBNL) et les organisations collectives (OCBNL).

STRATÉGIE DES PARTENARIATS DANS LA LUTTE CONTRE L'ITINÉRANCE (SPLI) : LA DISCONTINUITÉ!

Gens dans un parc

22 mars 2013 — Difficile de comprendre les dernières décisions du gouvernement fédéral dans le soutien des initiatives pour réduire l'itinérance. Il semble que les résultats préliminaires du Projet Chez Soi servent de caution pour justifier un important changement d'orientation et une diminution de budget fédéral dans l'intervention auprès des personnes itinérantes. Les sommes consacrées à ce programme passeront de 134,8 M$ à 119 M$.

Même si l'approche « logement d'abord » permet des changements intéressants (il y a quand même des critiques), n'oublions jamais que toutes les autres approches n'ont pas été évaluées et qu'il est impossible de penser à une approche unique compte tenu de la très grande diversité de personnes se retrouvant en situation d'itinérance, avec ou sans problèmes de santé mentale, de toxicomanie ou autres difficultés.

Selon les résultats de l'enquête réalisée et publiée en décembre dernier par le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) auprès de ses organismes membres (dont certains sont aussi des membres du RACOR), environ quarante-cinq organismes et près de 26 000 personnes rejointes seront touchés par ces changements.

Rappelons qu'à Montréal, le projet Chez Soi ferme ses portes le 31 mars 2013. Des services de transition ont été mis en place afin de trouver des solutions dans les prochains mois pour chacune des 250 personnes qui doivent se reloger (la majorité bénéficiait d'un supplément au loyer qui disparaît d'ici un an) et qui doivent être intégrées dans une nouvelle équipe de suivi intensif ou d'intensité variable en santé mentale.

D'autres analyses :
Des choix budgétaires au détriment des organismes communautaires
, un article qui aborde aussi la question du logement social et des coopératives.

SOLIDARITÉ SOCIALE : LE QUÉBEC RÉFLÉCHIT!

Jeunes enfants : les plus touchés?

22 mars 2013 — Il arrive souvent qu'un sujet occupe les médias pendant une ou deux journées. Rarement une semaine. En annonçant des coupures de prestations à la Solidarité sociale, Agnès Maltais et ses fonctionnaires ont lancé sans l'avoir prévu une vaste réflexion publique qui se poursuit sur l'aide que la société apporte et devrait apporter aux plus démunis.

Dans les dernières semaines de nombreux articles, analyses et commentaires ont été publiés comme nous vous en avions fait part dans la deuxième partie de « Inégalités sociales : pour s'y retrouver », alors que nous avions présenté un dossier étoffé de l'Institut du nouveau monde pour comprendre ce que sont les inégalités sociales. Voici maintenant quelques ajouts qui seront autant d'éléments de motivation dans votre engagement citoyen pour trouver des moyens de changer des choses.

INÉGALITÉS SOCIALES : POUR S'Y RETROUVER

Manufacture

11 mars 2013 — Depuis plusieurs semaines les médias présentent des nouvelles à propos de changements dans les règles de l'assurance-emploi, la Solidarité sociale et les frais d'études après le secondaire. En filigrane de ces nouvelles se retrouve la question des inégalités sociales et de ce que la société souhaite faire pour favoriser ou non une meilleure égalité des chances ou une forme de redistribution de la richesse. Pour les personnes vivant avec des problèmes ou des troubles de santé mentale, le soutien de la société peut faire la différence quand il est question de terminer des études, d'intégrer le marché du travail, de trouver un logement, de vivre avec un réseau social et de participer à la vie citoyenne. Même dans une région comme Montréal, notre société, malgré certains efforts, n'offre pas des possibilités égales à toutes ces personnes pour, par exemple, l'accès aux soins, l'accès aux organismes communautaires, l'accès à la première ligne dans les Centres de santé et Services sociaux (CSSS).

Que vous connaissiez ou non les concepts et les questions entourant les inégalités sociales, nous vous invitons à prendre connaissance du dossier d'information complet préparé sur ce sujet par l'Institut du Nouveau Monde (INM). Vous y trouverez des présentations généralement courtes et bien documentées sur plusieurs aspects. Voici les principales entrées pour lesquelles chacune offre d'autres titres :

LE RACOR RENCONTRE L'AGENCE DE MONTRÉAL À PROPOS DU PASM

Image d'archives

Le 19 février 2013, le RACOR a répondu à l'invitation de l'Agence de Montréal qui a engagé un consultant pour étudier la situation montréalaise en ce qui a trait au Plan d'Action en Santé Mentale 2005-2010. L'Agence a choisi de relancer le dossier de la santé mentale à Montréal en engageant Roger Paquet. Vétéran haut fonctionnaire du ministère de la Santé et des Services sociaux, ce dernier a en particulier occupé les postes suivants :

  • sous-ministre associé à la Direction générale de la coordination, du financement et de l'équipement,
  • sous-ministre associé à la Direction générale de la coordination ministérielle et des relations avec le réseau, et
  • sous-ministre associé du financement, des investissements et du suivi budgétaire.

Son mandat est de formuler, dans les prochaines semaines, des recommandations pour améliorer l’accès et de la continuité des services en santé mentale, dans le respect de la hiérarchisation des services et des bonnes pratiques cliniques, principalement pour les adultes avec troubles graves de santé mentale. Au cours de son mandat, Roger Paquet consulte les directions générales d'établissements. Il a inscrit le RACOR dans son agenda afin de prendre le pouls du milieu communautaire montréalais en santé mentale.

Le RACOR a lancé un appel à tous ses organismes puis des membres du conseil d'administration se sont réunis pour formuler des éléments de réponses. Deux personnes du RACOR ont ensuite présenté une vision de la situation montréalaise selon les informations qui avaient été recueillies chez les membres, vision qui a semblé rejoindre à plusieurs reprises celle de monsieur Paquet.

CHEZ SOI : SORTIR POUR ALLER OÙ ?

Montréal enneigée

22 février 2013 – Le RACOR a déjà fait connaitre ses inquiétudes à propos de l'évolution du projet de recherche Chez Soi dans une de ses Actualités sous le titre « Chez soi : nous sommes inquiets ». Le journal Le Devoir publie aujourd'hui un article sur la fin du financement fédéral de Chez Soi intitulé « Québec abandonne l'approche logement d'abord » (réaction du RAPSIM à cet article)

Si nous reprenons la chronologie des événements, nous nous rappellerons que la création du projet Chez Soi est une initiative de la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), organisme créé par des fonds fédéraux qui a mis sur pied cette imposante recherche en espérant démontrer que les approches mises de l'avant à grande échelle dans divers milieux canadiens donnent des résultats assez intéressants pour que les ministères de la Santé et des Services sociaux (MSSS) provinciaux soient influencés positivement et prennent le relais. Cela semble avoir été le cas dans quatre des cinq provinces où un site de Chez Soi a existé.

Au Québec, le projet a été lancé sous l'impulsion de chercheurs québécois sans engagement provincial préalable. On peut dire qu'il leur aura fallu une certaine témérité quand on sait que le MSSS avait déjà bien du mal depuis plusieurs années à concrétiser son propre Plan d'Action en Santé mentale (PASM) et à le financer. Dans ses tractations avec les autorités provinciales en santé, la Commission canadienne ne semble pas avoir prévu qu'une province ne prenne pas le relais. Résultat au Québec : sans prolongation de financement, les 280 personnes devront rapidement trouver un logement dans les limites de leur revenu de la Solidarité sociale (pour la plupart) puisqu'ils perdront leur supplément au loyer en décembre 2013. Ils devront espérer qu'un minimum de financement fédéral ou provincial permette une transition vers les réseaux de la santé et du communautaire qui devront assumer un minimum de suivi avec leurs ressources actuelles.

UN AVIS SUR LE RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA SANTÉ : Des constats intéressants... Des recommandations décevantes !

Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec

Le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) publie un avis sur le Rapport d’appréciation de la performance du système de santé et de services sociaux 2012 « Pour plus de résultats et d’équité en santé mentale au Québec » qu'a déposé le Commissaire à la santé et au bien-être en décembre dernier. Après une lecture des différents documents du Commissaire, le RRASMQ constate que le Commissaire aurait pu aller plus loin dans certaines de ses recommandations au Gouvernement du Québec d'où le titre éloquent Des constats intéressants... Des recommandations décevantes !

L'avis du RRASMQ met en lumière des passages du rapport du Commissaire et formule des idées intéressantes qui vont rejoindre un grand nombre d'organismes communautaires oeuvrant en santé mentale. Cette lecture pourrait inspirer des personnes et des organismes qui se pencheront sur la démarche du COSME pour rédiger une série de recommandations afin de faire des propositions aux rédacteurs du prochain Plan d'action ou d'une nouvelle politique en santé mentale.

UN PLAN MONTRÉALAIS « L’intervention policière auprès de personnes mentalement perturbées ou en crise. »

Service de police de la ville de Montréal (SPVM)

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s'est doté d'un Plan d'action stratégique en matière de santé mentale pour 2013-2015 intitulé L’intervention policière auprès de personnes mentalement perturbées ou en crise.

Selon les données disponibles, les policiers du SPVM répondraient annuellement à plus de 33000 appels de service en lien avec des personnes en crise ou dont l’état mental est perturbé : cela correspond à 3,2 % des appels reçus au 911, c’est-à-dire au moins 90 appels par jour. Cette estimation ne serait que la pointe de l’iceberg. Ces chiffres sont issus du relevé des « codes reliés à la santé mentale » des répartiteurs et ne tiennent pas compte de ce qui se passe lors de l'intervention pour les autres appels.

CHEZ SOI : NOUS SOMMES INQUIETS

Retour à la rue?

Le retour à la rue pour une bonne part des 280 personnes actuellement logées dans le cadre du projet de recherche Chez Soi (pour en savoir plus)? L'inquiétude grandit à l'approche de l'échéance budgétaire du 31 mars 2013.

Rappelons que le projet de recherche voulait faire la démonstration d'une approche basée sur le fait d'offrir à des personnes itinérantes vivant des troubles importants de santé mentale la possibilité de louer un appartement de leur choix, dans le quartier qu'ils souhaitaient, en leur donnant un important appui financier pour le loyer et en leur offrant un suivi social et médical pendant quelques années se terminant en mars 2013. Cette échéance sans filet a été une des critiques majeures (et justifiée!) des détracteurs du projet. Une des raisons qui a motivé le RACOR à maintenir sa participation au comité-conseil de Chez Soi était de suivre le cours des événements pour nous assurer que ces personnes itinérantes ne soient pas abandonnées pour des raisons administratives.